Faut-il frôler la mort pour réclamer nos droits ?
Le 11 février 2009 est un jour ordinaire pour les uns mais fatidique pour les autres. En effet, ce jour-là, pendant que certains préparent leurs cadeaux de la Saint-Valentin, cinq étudiants entament une grève de la faim illimitée, dans le minuscule local de l'Union Générale des Etudiants de la Tunisie (UGET) réclamant leur droit à l'éducation et leur réintégration à leurs universités après avoir été exclus suite à leurs activités syndicales.
Qui sont ces militants grévistes ?
- Mohamed Soudani : étudiant en 1ère année économie, exclu de la faculté de Mahdia au cours de l'année universitaire (2006-2007)
- Aymen jaabiri : étudiant en 1ère année économie, exclu de la faculté de Mahdia au cours de l'année universitaire (2006-2007)
- Mohamed Boualleg : étudiant en 3ème année droit, exclu de la faculté de Tunis au cours de l'année universitaire (2007-2008)
- Taoufic Elouati : étudiant en 2éme année mathématique et informatique, exclu de la faculté des sciences de Tunis au cours de l'année universitaire (2007-2008)
- L'étudiant Ali Bouzouzia participe également à la même grève par solidarité
- Le 22 mars, Chedli Krimi, étudiant exclu lui aussi depuis 2004 pour les mêmes raisons que ses camarades, a rejoint la grève, peu de temps après sa sortie de prison.
Il est important notamment de souligner que les grévistes ont été, à maintes reprises, victimes d'enlèvements et d'arrestations abusives et arbitraires et inculpés de fausses accusations par la police politique : deux d'entre eux attendent leur procès prochainement.
Le rapport médical :
Après prés de deux mois d'obstination, les grévistes n'ont quitté le local de l'organisation, sis à 19 rue de Naplouse à Tunis, que pour être transportés d'urgence à l'hôpital. Les membres du comité médical examinant les militants ont certifié la gravité et la sévérité de leurs troubles cliniques et ont appelé à l'arrêt immédiat de cette grève afin d'éviter des complications irréversibles voire la mort.
Le centre médical a même recommandé fermement le transfert immédiat de tous les grévistes dans une structure de soins.
L'inscription ou la mort :
Persévérance, acharnement et ténacité : voilà trois mots qu'on peut associer à ces étudiants devenus désormais des figures emblématiques de la lutte estudiantine. En dépit de la transparence du rapport médical, les grévistes persistent à continuer leur grève de la faim en levant le slogan : L'inscription ou la mort.
L'insensibilité du gouvernement :
Malgré la gravité de la situation et l'ampleur qu'a pris cet événement tant qu'à l'échelle nationale qu'internationale (des communiqués de soutien ont survenu aux grévistes depuis les Etats-Unis, la France, le Suède, le Liban..), les autorités tunisiennes s'obstinent à ignorer ces étudiants et le ministère fait toujours la sourde oreille sur cette affaire malgré la simplicité des revendications. En revanche, on remarque la présence en force de la police qui assiège le lieu de la grève 24h/24.
Je conclus cet article par une citation du Che Guevara : « Nous pouvons douter de tout sauf de notre devoir d'être toujours aux côtés des humiliés qui luttent ». La requête de ces êtres humains, parce qu'ils sont des être humains en train de mettre leur vie en péril, avant d'être des militants, est claire comme le jour : Leur droit à l'éducation !!
L'état de santé de ces jeunes gens est vraiment très grave. Faut-il côtoyer la mort pour être entendu ? Faut-il vraiment e